Réorganisation de la société :
1. Introduction :
Dans le système dans lequel nous vivons, tout n'est pas à rejeter en bloc. Il faut éviter de bêtement tenir un discours révolutionnaire ou anarchiste sans réfléchir plus en profondeur. Par exemple dans une société complexe, la loi économique de l'offre et de la demande est très utile pour maintenir des prix équilibrés. Cela permet de satisfaire les intermédiaires déterminant ce prix fixé (producteur, acheteur, grossiste, vendeur...) et les consommateurs. Car toute société de cohabitation nécessite des règles. Sans règles communes, c'est la foire. C'est une question d'équilibre et tout excès mène au malheur.
Pour autant, la société d'aujourd'hui est trop axé sur l'argent. Les travailleurs sont poussés à faire plus de sacrifices quand les plus puissants s'enrichissent toujours aussi facilement. Le but du présent texte est de fournir quelques pistes de réflexions (parmi tant d'autres) permettant d'imaginer une société plus juste. Pour cela, il faut ouvrir son esprit et casser toutes les idéologies connues qui bloquent notre capacité pour aller plus loin dans la réflexion. Je ne ferais nullement la promotion d'une quelconque doctrine (gauche, droite, centre et extrêmes). Il faut sélectionner le meilleur de chacune tout en déterminant les excès, les faiblesses. Le but est d'étudier ces doctrines et de proposer des pistes d'amélioration.
Je ne suis certainement pas un bobo rêveur ni utopiste. Je crois fortement à la valeur travail. Nous avons un cerveau, des bras, des jambes. Autant les utiliser pour le bien commun et pas seulement à servir des hommes puissants qui s'enrichissent constamment sur le dos des travailleurs. Je crois que cette lutte de classes redeviendra le grand sujet du siècle à venir.
Plutôt que de donner sa force de travail pour le profit, le bénéfice, l'argent roi, ne faudrait-il pas concentrer l'ensemble de nos efforts à produire du bien, du bon, de l'amour pour les autres. Je crois que c'est la bonne méthode pour que la société évolue vers la paix et la stabilité durable. L'injustice social disparaitra quand le « moi je » deviendra « nous ».
2. Constat :
Au cours du 19e siècle et jusqu'à aujourd'hui, plusieurs systèmes économiques ont dominé les sociétés modernes. Que ce soit le communisme, le capitalisme, le socialisme, le libéralisme ou des mix de toutes ces grandes doctrines.
Le problème apparait quand l'un de ces systèmes est poussé à son extrême. Se produit alors un manque d'équilibre socio-économique.
- Le communisme, bien qu'il s'agisse initialement d'une idéologie honorable, a mené suite à de toutes ses incohérences, au totalitarisme, à la violence, au terrorisme... Selon moi, cette doctrine n'est pas compatible avec des sociétés complexes (villes, pays, régions...). Par contre elle pourrait être adapté aux communautés, aux villages, aux petites structures où il existe un véritable esprit de communauté, de solidarité et de partage. L'union soviétique est l'exemple le plus symbolique de l'échec et de la tyrannie du communisme (centralisation du pouvoir sur un très vaste territoire).
- Suite à l'échec du communisme, le capitalisme a prouvé que la décentralisation, la gestion privée de l'outil de production permit une bien meilleure utilisation des ressources dans les cycles de fabrication (capital humain et financier, produits intermédiaires...). Mais poussé au bout de sa logique, il mène au matérialisme exacerbé, à la destruction des richesses, aux gaspillages, aux inégalités sociales et la création d'une super oligarchie. On est passé d'un capitalisme de production et industriel à celui d'exploitation, financier, ravageur, voleur et destructeur de richesses.
Le socialisme, est la doctrine qui luttait auparavant et véritablement contre les excès du capitalisme. Il fut l'initiateur de nombreux acquis sociaux avant sa soumission définitive au capital. Depuis, le socialisme a créé une masse de pauvres et d'assistés. Elle a redirigé l'argent du contribuable non pas à celles et ceux qui en avaient le plus besoin mais aux migrants, aux parasites sociaux...Les nouveaux (faux) combats sociaux sont devenus sociétaux (homosexualité, théorie du genre, inégalités hommes-femmes, immigrationisme...). Sans oublier les nombreux scandales de mandataires socialistes qui au lieu de servir le peuple, se servent plutôt de ce dernier pour se remplir les poches et assouvir leurs ambitions personnelles.
- Le libéralisme quant à lui ne défend certainement pas la classe moyenne, les indépendants ni la libre entreprise mais bien les grands groupes puissants. Les ultralibéraux offrent aux plus aisés des privilèges fiscaux scandaleux et dirigent constamment les nouvelles taxes vers la classe moyenne qui elle, perd progressivement son pouvoir d'achat. Les libéraux sont souvent des bourgeois, des riches au service des plus riches n'ayant pas ou peu connu les galères de la vie modeste.
3. Contexte aujourd'hui :
Nous
vivons une période de chômage massive et de précarisation généralisée.
Obtenir un contrat indéterminé devient un privilège. Comment régler ce problème
grandissant ? Grâce à la croissance économique ? Les
politiciens, les médias n'ont cessé de nous justifier que pour faire baisser le
chômage, il fallait plus de croissance. Avec le temps, ce chômage n'a cessé
d'augmenter. La croissance aujourd'hui serait-elle toujours la solution
miracle ? La vérité est tout autre. Pour les grands patrons, les chômeurs
sont une armée très utile pour maintenir les prétentions salariales à la baisse.
Je m'explique, le marché du travail comme tout autre marché est soumis à
l'offre et à la demande. Le marché de l'emploi devient une foire aux esclaves
car il y a trop de demandeurs par rapport à la quantité de travail disponible. Certains
feront remarquer qu'en Grande Bretagne, en Allemagne et dans d'autres pays, existe
le plein emploi. Je répondrais que ce ne sont que des chiffres et qu'il est
facile de déformer l'interprétation réelle des statistiques. Il suffit de
penser à toutes celles et ceux exclus du chômage. Sans oublier la part
grandissante des emplois sous-payés qui aujourd'hui, tend malheureusement à
devenir la norme.
La vraie question à se poser est de savoir si ce système est encore tenable à moyen et long terme.
Pour la plupart d'entre nous, nous prestons en moyenne huit heures de travail par jour. La pression et la charge professionnel sont devenus trop important. On parle de plus en plus de burnout, de stress, de douleurs musculaires...Nous ne disposons plus assez de temps libre. Nous vivons pour travailler au lieu de travailler pour vivre. La vraie richesse, c'est de disposer de plus de temps libre. Cela permettrait à chacun s'il le souhaite de se développer dans un ou plusieurs domaines en particuliers et selon sa motivation.
Il est impératif de stopper cette logique absurde de devoir consommer plus pour que tout tourne correctement. Nous sommes aujourd'hui emprisonnés dans un système très malsain. Si la consommation baisse, les entreprises produisent moins et le chômage augmente. Ensuite, les gens acceptent des conditions de travail de plus en plus contraignantes tandis que les actionnaires mettront toujours plus de pression pour maintenir leurs bénéfices à la hausse. La concurrence entre les actifs et les demandeurs d'emploi est de plus en plus en forte. C'est de la folie.
Il s'agit véritablement de se défaire d'une lutte horizontale (opposition au sein même du peuple). Cette lutte doit devenir verticale. Il faut premièrement comprendre le système puis identifier les responsales de cette société de K.O social généralisée. Le but est de transformer la colère populaire en contestation constructive. C'est ça, la véritable sagesse.
4. Quelles propositions pour une société plus juste ?
- Il serait intéressant de baisser le temps de travail. Cela permettrait un plus grand intérêt dans le travail fournit. Des journées moins rallongées motiveraient davantage les collaborateurs et leurs tâches seraient mieux exécutées. Tout cela, en envisageant bien sûr de préserver le même salaire. Pour ce faire, il faudrait une meilleure gestion des finances publiques et sortir du système injuste de la dette nationale. J'y reviendrais plus loin. Le besoin d'argent publique n'est qu'un problème imaginaire que l'on nous oblige à croire. Les politiciens, les pseudos experts économiques, les médias... sont pour la plupart incapable de penser en dehors de leur champ de vision.
- Une autre source de motivation serait que les entreprises appartiennent directement ou indirectement aux travailleurs. Ces derniers en seraient les actionnaires. Ils se sentiraient véritablement investit dans leur société plutôt que de simplement échanger leur force de travail contre un salaire. C'est eux qui produisent la richesse de l'entreprise et c'est à eux logiquement que devrait revenir les bénéfices de leur production, de leurs efforts, bref de leurs sacrifices.
- Il faudrait instaurer un revenu universel de base pour que chacun puisse assumer ses besoins fondamentaux (logement, école, éducation...). Beaucoup me crieront « comment financer cela » ? L'argent est là et en abondance. Mais il est très mal réparti. On parle souvent de la dette d'un pays par rapport à son PIB (produit intérieur brut). Il est parfois de 90%, 100% voire plus. C'est trompeur car il s'agit d'une statistique donnée sur un an. Entretemps, le pays, les travailleurs produisent chaque année largement assez de richesses pour ignorer la problématique de la dette et créer ce nouvel outil de revenu universel.
- Pourquoi ne pas repenser totalement le rôle de l'impôt et du système fiscal en général. Le taux d'imposition tel que celui de la France et de la Belgique pénalise beaucoup trop la classe moyenne et proportionnellement moins le grand capital. L'impôt est certes indispensable pour la création et l'entretien de services publiques (une richesse commune pour tous les citoyens) mais comme tout excès, trop d'impôts tue l'impôt. En fin de compte, l'état (le peuple donc) perd de l'argent puisque que les circuits parallèles (argent en noir) prennent de l'ampleur. Il est donc contreproductif de surtaxer. Mais pour les gouvernements, il est plus facile de taxer la classe moyenne et les bas revenus puisqu'ils sont plus nombreux que les riches. De plus, ces derniers peuvent partir à l'étranger avec tout leur capital quand ce capital est menacé par des nouvelles impositions. Les autres n'ont pas d'autres choix que de subir encore plus d'injustice fiscal. Il faut donc sortir de cette logique de confrontation entre patrons et travailleurs. N'oublions pas que des sociétés paient quasi le double du salaire net au travailleur mais que presque la moitié part directement dans les caisses de l'état. L'impôt excessif bloque l'initiative de création d'entreprise. Il devrait donc surtout jouer son rôle régulateur économique (c'est-à-dire éviter une surchauffe de la consommation pouvant entrainer une inflation excessive) et social (réduction des disparités de richesses), plutôt que de fiscalement oppresser le peuple.
- Certaines activités économiques ne devraient pas appartenir au privé mais rester entre les mains de l'état (et donc au peuple). Je pense au secteur énergétique (eau, électricité, gaz...). Malheureusement, quelques grands privilégiés profitent de leur trop gros pouvoir pour maintenir un prix abusif sur les secteurs clefs (essence, électricité, gaz, eau...)
- Il faut absolument rétablir un contrôle strict de l'immigration. De cette façon, le marché du travail (différence entre le nombre de travailleurs et la quantité d'offres d'emplois disponibles) se rééquilibrerait offrant des meilleures conditions aux travailleurs tout en entrainant une diminution du chômage massif. C'est le plus grand cachement des ultra-libéraux. Le super règne des ultras riches toucherait à sa fin et la classe moyenne s'imposera de nouveau comme vecteur de stabilité sociale pour la nation.
- La robotisation plutôt que de la percevoir comme destructeur d'emplois pourrait soulager les travailleurs des emplois pénibles et/ou aliénants. Sans oublier qu'il faudra toujours un opérateur derrière chaque machine. Donc non, les robots ne menacent pas le marché du travail mais permettent un glissement des emplois pénibles vers des emplois plus dignes pour l'homme. Il ne faut pas nier, ni diaboliser l'évolution et le progrès. Autant les accepter et les percevoir comme source de progrès.
5. Conclusion :
Il s'agit ici de repenser totalement le fonctionnement de notre société. Mais d'abord, chacun devrait se poser les bonnes questions. Je m'étonne de toutes celles et ceux pour lesquelles tout semble correct et aller dans le bon sens. En général, ce sont ceux qui tirent profit de cette situation dégradante et qui ne souhaitent pas se défaire d'un confort acquis et encore moins faire l'effort de participer à une nouvelle dynamique de changement.
Voici quelques questions que tout un chacun devrait au moins se poser une fois dans sa vie :
- Est-il normal de passer plus de temps au travail que de voir sa famille ?
- Est-ce que mon travail me plait ou est-ce que je le fais par obligation ?
- Ai-je l'occasion d'exploiter mon talent et de développer mon esprit créatif ?
- Mon travail est-il utile pour le bien de ma communauté. Est-ce que j'apporte quelque chose de positif pour la société ?
- ...
Encore une fois, il ne s'agit surtout pas de blâmer le travail. Je crois fortement à cette valeur comme source de discipline, d'effort, de motivation...Mais toute chose poussée à son extrême est malsain. Les maladies typiquement occidentales tel que l'obésité, l'hypertension, le stress, la dépression, le cancer...sont des symptômes clairs d'une société malade dans sa façon de fonctionner. Ces maux ont pris des proportions trop inquiétantes pour continuer sur cette voie-là.
Il faut donc remettre l'humain au cœur de la société. Chacun doit reprendre le contrôle de sa vie. Pour cela, il faut progressivement se retirer du salariat (travail presté contre un montant d'argent) et redonner de l'intensité à soi-même. Nous gâchons trop temps personnel à subir la tyrannie des horaires, des chefs, des collègues. L'aliénation quotidien empêche tout développement de l'esprit.
Nous ne pouvons plus accepter un mode de vie de plus en plus speed et constamment menacé de régression sociale. A chacun de prendre conscience de sa propre condition, de bien comprendre le fonctionnement de la société. Cela demande de l'effort mais la compréhension nous libère de toutes sortes de troubles d'incompréhension et de frustration.